Peer to peer : Ségolène Royal veut rouvrir le débat
La semaine dernière, le Syndicat national de l'édition musicale (SNEP), annonçait une baisse de 12 % des ventes de disques en 2006. On ne peut ignorer la responsabilité du téléchargement via Internet dans la dégringolade que connaît le marché du disque ces dernières années. Un problème que les candidats à l’élection présidentielle ne peuvent mettre de côté. Nous leur avons demandé leur avis sur la question. Pour l’instant, seule Ségolène Royal nous a répondu. Par Gaël Bocandé
La répression n’est pas la solution
La politique du pire menée par les grands empires du disque ne semble pas être, aux yeux de Ségolène Royal, la solution idéale. « Depuis trois ans, je saisis toutes les occasions qui se présentent, […] pour en discuter avec des artistes », indique la candidate socialiste, à propos du téléchargement. Elle précise que ces rencontres lui ont permis de prendre « la mesure » du « désarroi » des artistes « face à la croisade des maisons de disques contre le peer to peer » et notamment sur le risque de « couper les artistes de leur public ». C’est forte de ces discussions et de ce constat que Ségolène Royal a signé en février 2005 « l'Appel à l'arrêt des poursuites contre le téléchargement de musique initié par le Nouvel Observateur ».
La DADVSI inefficace
Pour la candidate socialiste, « le vote de la DADVSI [Droit d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information ] n’a rien
réglé ». Ségolène Royal regrette que cette discussion a été menée de « manière expéditive et
chaotique » par le gouvernement, et déplore que « toutes les
solutions pour mettre en place de nouveaux modes de rémunération pour la filière
musicale » n’aient pas pu être examinées.
D’autant plus que les différentes contraintes imposées,
comme les prix élevés pour les « DRM » [ Digital Rights Management ou
gestion numérique des droits] font que le « public boude les plateformes
de musique en ligne », ajoute Ségolène Royal. Résultat : « la
musique en ligne plafonne à 1,2 % des ventes totales ».
Une réalité, d’après la candidate, dont les « créateurs
commencent » à prendre conscience.
Repartir sur des « bases plus sereines »
Ségolène Royale
s’inquiète de la situation et la trouve de « plus en plus critique pour la
filière musicale ». A tel point, précise t-elle que « les producteurs
de labels indépendants admettent désormais qu’il faudra sans doute se tourner
vers des mécanismes alternatifs, licence globale [comme pour la radiodiffusion]
ou licence légale dite taxe FAI. [taxer les fournisseurs d’accès à Internet].
La candidate socialiste semble convaincue que «le poids relatif »
des « trois modes de financement » de « l’économie de la
musique » (revenus directs (vente
de CD), revenus indirects (comme la «rémunération équitable» payée par les
radios et les chaînes de télévision) et revenus mutualisés (comme la redevance
pour copie privée) peut évoluer avec la révolution numérique ». Elle rappelle par
ailleurs qu’il n’y a « aucune raison cependant de privilégier, comme le
fait l'industrie musicale, un modèle économique, celui des revenus directs, ni
de survaloriser, comme le font certains promoteurs de la licence globale, les
revenus mutualisés ».
Une prise de conscience et une ouverture d’esprit dont la candidate socialiste
veut profiter pour « réfléchir à l’avenir de la création musicale sur des
bases plus sereines. »

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